Enfant de l’immigration, Faudel, le petit prince du raï, est devenu, à seulement 25 ans, le porte-parole de toute une génération de Français d’origine maghrébine. A travers ses chansons, il prône subtilement la fusion entre deux mondes. Celui de ses origines, proche de la tradition oranaise, et celui de l’Occident, berceau des rythmes électroniques. Le résultat de cet heureux mariage: un artiste plein de générosité, plébiscité par tous.

L’histoire de Faudel Belloua commence comme celle de nombreux enfants français de la deuxième génération d’immigrés algériens. Ses parents ont quitté leur pays pour trouver du travail en France et vivent difficilement dans la tristement célèbre cité du Val Fourré à Mantes-la-Jolie, près de Paris.

C’est dans cette ville et dans ce contexte social tendu (la cité est en proie à de nombreuses violences) que naît Faudel (qui signifie « bienvenu ») le 6 juin 1978. Son père, originaire de Tlemcen en Algérie (tout comme Patrick Bruel), est ouvrier aux usines Renault de Flins-sur-Seine et sa mère fait des ménages. Difficile pour le couple de faire vivre correctement leurs huit enfants (huit garçons !).
Mais la passion de la musique, initiée par leur grand-mère, préserve les frères Belloua de la délinquance qui les guette. Epris de raï (la musique traditionnelle algérienne), de maalouf (tradition oranaise) et de reggae, chacun d’eux grandira avec cette ferveur pour la chanson. Si bien que Faudel, à seulement douze ans, envisage sérieusement d’en faire son métier.

LES ETOILES DU RAI
Le jeune homme crée son premier groupe Les étoiles du raï avec lequel il sillonne les routes de l’Ile de France. De fêtes en kermesses, Faudel apprend le métier et commence, entre deux reprises des grands chanteurs (Cheb Hasni, Cheb Mami, Khaled, …), à écrire ses propres chansons.
Par l’intermédiaire de son ami Momo (Mohamed Mestar), Faudel prend de l’assurance et abandonne rapidement ses études de comptabilité pour se lancer dans la chanson. Quelques premières parties remarquées de concert (dont MC Solaar) font parler de lui. Mais ce sont surtout les télévisions qui font exploser le chanteur.
En 1995, France 3 et Arte lui consacrent deux reportages. Sa notoriété va grandissante et lui permet de fouler l’année suivante la célèbre scène du Printemps de Bourges. Là, devant des milliers de personnes, Faudel s’offre à un véritable public. A l’issue de sa prestation, prodigieuse pour un artiste de cet âge, Mercury signe le chanteur pour un contrat de cinq albums !

TELLEMENT JE T’AIME
Alors que le raï rencontre déjà un certain succès en Europe, notamment grâce à la présence médiatique des Khaled, Cheb Mami ou Rachid Taha (ex Carte de Séjour), Faudel fait figure de petit nouveau. Son talent consiste à se tourner vers toutes les musiques (électro, reggae, salsa, new wave, rock, …), sans jamais perdre le fil de la tradition raï. Son premier album, Baïda, sorti en 1997, se démarque ainsi des oeuvres de ses aînés, et néanmoins amis, par cette originalité.
Le succès est immédiat grâce au tube Tellement je t’aime. Faudel se voit attribuer le flatteur surnom de Petit prince du Raï. Pour ceux qui n’auraient pas encore succombé à sa musique et à son sourire éclatant, Faudel transforme l’essai sur la scène de Bercy le 26 septembre 1998.
L’événement est exceptionnel: 1, 2, 3 soleils rassemble 15 000 personnes déchaînées pour assister au premier grand concert hommage à la musique raï. Sur scène, Rachid Taha, Khaled et Faudel alternent leurs plus grands succès, en solo, en duo ou en trio. La médiatisation de l’événement est extrême (télés, journaux, radios, CD, vidéos, …). Le jeune Faudel est devenu une star. Après le public, la profession récompense son talent en lui décernant début 1999 la Victoire de la Musique de la Révélation de l’année.
Le petit prince du raï

Plus rien n’arrête le jeune homme d’à peine vingt ans: tournées internationales, concerts en France qui le mènent jusqu’à l’Olympia, interviews, télés, disques vendus par centaines de milliers, … L’année 1999 est l’année Faudel.
Rien de plus naturel si l’image sympathique du jeune homme s’exporte aussi sur grand écran. Ainsi tourne-t-il dans Jésus de Serge Moati puis en 2000 dans un film de Laurent Firode, Le Battement d’ailes du papillon, aux côtés d’Audrey Tautou. Si le film n’a pas eu un succès retentissant, l’expérience a plu au chanteur, qui la renouvelle sur petit écran en 2001 en incarnant pour M6 (chaîne française) Sami, un surveillant de lycée.

Mais Faudel ne renonce en rien à la chanson. Pour preuve la sortie de son second album Samra en février 2001, album très attendu et salué par la critique. Puis reprend la vie habituelle du chanteur: tournées, enregistrements, promotions de son nouvel album. Une routine que vient « troubler » en février 2002 la naissance de son premier enfant Enzy. Comblé, l’artiste offre l’image d’un homme sain et épanoui. A l’automne 2003 sort son troisième opus, Un autre soleil, plus réfléchi que les précédents.
Les années, l’expérience, et sa récente paternité font du « petit prince » un homme. Ses chansons s’en ressentent et sont de plus en plus touchantes.

Faudel fait aujourd’hui preuve d’un grand talent et d’une personnalité attachante. Avec trois albums, de nombreux tubes, et une présence scénique étonnante, le jeune chanteur est désormais l’ambassadeur du raï en France, et assure sa promotion auprès de toutes les générations